Un enjeu de politique locale autant que nationale.

Notre conviction est qu’il faudrait tripler le nombre d’unités de méthanisation dès 2020 ! Cela permettrait de créer une masse critique à l’horizon de la fin de la PPE. La filière pourrait ainsi décoller ! En l’état, la progression de la production de gaz verts est encore insuffisante pour atteindre d’ici 2030 le seuil de 10% prévu dans la loi de transition énergétique.

La question de la dynamique, et du modèle à mettre en place sont essentielles. Nous le savons : le développement de la méthanisation est aujourd’hui souvent ralenti par des oppositions locales. Il nous faut trouver de nouveaux équilibres permettant à la fois le déploiement d’une stratégie nationale de développement du gaz renouvelable et le renforcement de l’implication des collectivités locales afin de mieux soutenir les porteurs de projets. Selon les choix qui seront faits, le curseur pourra être déplacé différemment entre des modèles ancrés territorialement ou plus industriels.

La filière du biométhane peut véritablement participer au renforcement d’une économie circulaire pour les territoires et concourir au dynamisme des zones rurales françaises. A la clé : une meilleure valorisation des intrants et digestats ; la limitation du recours aux phytosanitaires ; une meilleure résilience face au changement climatique ; la diversification des sources de revenus des agriculteurs ; la création d’emplois ; le renforcement de la compétitivité des exploitations agricoles, etc. Il s’agit d’un véritable atout pour la politique française de transition.

 

« La filière du biométhane peut véritablement participer
au renforcement d’une économie circulaire pour les territoires
et concourir au dynamisme des zones rurales françaises. »

Géraud Guibert, président du think tank La Fabrique Ecologique, ancien directeur de cabinet de la ministre de l’écologie Nicole Bricq, du développement durable et de l’énergie et professeur associé de sciences économiques à l’université du Maine

Jusqu’à 10 000 unités de méthanisation pourraient plausiblement fonctionner en France, contre seulement 400 aujourd’hui.